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Le cannabis, qu’est-ce que c’est ?

Quand on entend parler du « cannabis », c’est pour désigner de manière générale un de ses produits dérivés : beuh, weed, ganja, marijuana, marie-jeanne, chanvre, pot, herbe, shit, hash, hashish, chichon, résine, dab, huile, vapo… Le point commun, ils contiennent tous les substances psychoactives du cannabis notamment le THC. Mais qu’est-ce que, réellement, le cannabis ?

En France, on retrouve des traces du terme chanvre remontant au 12ème siècle ! Il serait une dérive du bas latin canapus, donnant en latin classique cannabis et en provençal des termes comme canebe, canebière et chènevière (champ de chanvre).

Si l’on remonte encore dans le temps, le terme latin aurait probablement pour origine le mot arabe kannab ou le mot hébreux kanneb, lui-même rapproché de l’assyrien quanabu. Bref, les racines du terme cannabis datent des temps anciens et certainement pas d’hier.

champ de chanvre - chenevière

Une anedocte de la culture cannabis, la très célèbre rue de Marseille, la « Canebière », serait directement dénommée ainsi en raison du terme provençal qui désignait, en son temps, des manufactures de cordes et voiles de chanvre ou des dépôts de stockage du chanvre qui pavaient la rue jusqu’au port afin d’équiper les bateaux.

Certains font le dinstinguo entre le chanvre « textile » et le chanvre « indien » mais en pratique, il n’existe qu’une unique espèce de chanvre : le cannabis sativa décrit pour la première fois en 1753 par Carl von Linné. Que ce soit pour le cannabis « textile et/ou agricole » ou la cannabis « indien », les feuilles ont cette forme caractéristique dite palmatiséquée composées en cinq ou sept segments élancée, avec des bords dentés à la couleur verte plus ou moins foncée. Selon les conditions de culture et de sélection, le cannabis va présenter une plus forte teneur en THC, substance psychoactive phare, qui va servir de base à l’élaboration des produits naturels ou dérivés considérés en France, comme drogue.

si vous souhaitez plus d’informations sur le chanvre « textile » vous le trouverez dans la rubrique « histoire du cannabis ». Je développerai plus l’aspect chanvre « indien » ou cannabis récréatif et médicinal à la base des drogues.

Sommaire

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Du plant de cannabis à la drogue

Du plant de cannabis à la drogue

Le chanvre à résine dit « indien » (le cannabis récréatif et médicinal) est différent du chanvre à fibre dit « textile » (le cannabis industriel). Il ne peut donner lieu à un usage agricole du fait de ses fibres plus courtes. En revanche, pour résister aux températures élevées dans les zones chaudes, conserver le peu d’eau coulant dans ses branches et éviter un phénomène de déshydratation, sa « résine » est beaucoup plus fournie et lui permet d’éviter une élimination d’eau qui mettrait en péril sa survie.

Le Cannabis Sativa va fournir deux types de cannabis : textile et indien

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Le cannabis industriel ou chanvre « textile » est surtout cultivé pour ses fibres et graines.

Fibres ayant permis la fabrication de cordages et voiles pour la marine (d’où la dénomination « textile »), vêtements, papiers, billets de banque, isolant thermique dans le bâtiment.

Contient très peu d’élements psychoactifs (entre 0.02 % et 0.08 % en THC). Pas la peine de défoncer un champ.

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Le cannabis récréatif et médicinal ou chanvre « indien » est surtout cultivé pour sa résine.

Résine riche en produits chimiques contenant des substances appartenant à la famille des cannabinoïdes. C’est l’une d’entre elles, le THC, qui interagit avec le système nerveux central.

Eléments psychoactifs contenus dans les « têtes » ou fleurs dont la concentration en THC est différente selon les variétés.

La culture du cannabis dit textile se fait en plein air dans les champs. La production française demeure soumise à un contrôle du ministère de l’Agriculture. Elle fait l’objet d’un contrat entre l’Etat, l’utilisateur de fibres et le producteur (agriculteur)

Pour le cannabis dit indien, c’est différent, sa culture en France est complètement prohibée. Cependant, la plante pousse très bien à l’extérieur dans le respect des saisons. On remarque que dans les pays où la législation s’est assouplie, comme dans le Colorado aux Etats-Unis, les producteurs cultivent en intérieur dans de grands hangars sécurisés. Le matériel est identique à celui que l’on retrouve chez Alchimia pour faire pousser en intérieur… Bien sûr, adapté à la superficie de culture. Deux raisons à cela, non seulement, il peuvent faire pousser du cannabis à volonté sans être sous la contrainte de la météo (ou des saisons) et, bien sûr, le cannabis représente beaucoup d’argent (on parle d’or vert) et rien de mieux qu’un hangar clos pour garder ses récoltes à l’abri des voleurs.

Les cannabinoïdes, la substance psychotropique du cannabis

Un point vocabulaire d’abord sur la définition du psychisme parce que ce mot va être le fil conducteur de l’action du cannabis sur le corps humain… Le psychisme, a pour racine le mot psycho qui signifie « à l’esprit, au comportement ». En fait, le psychisme, c’est l’ensemble des caractères concernant la vie mentale, les états de conscience d’un individu, sa perception du monde.

Une substance psychoactive est une « substance qui agit sur le système nerveux central » et qui va modifier la perception des choses. Les substances psychoactives peuvent engendrer une consommation problématique : un usage obsessionnel, répété et, au final, une dépendance psychique voire physique. L’alcool, le tabac, la nicotine sont des substances psychoactives. Elles sont légales donc on parle de substances psychoactives.

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Un psychotrope est une substance psychoactive mais cette substance psychoactive est, d’un point de vue juridique, classée aux tableaux I,II,III et IV de la Convention 1971 de L’ONU. Ainsi ces substances psychotropiques classés sont, de fait, illégales ou soumises à règlementations. Les psychotropes sont désignés comme stupéfiants ou drogues.

Le cannabis est classé comme psychotrope parce qu’il contient des cannabinoïdes dans sa résine et le principal d’entre eux, le THC, exerce une action puissante sur le système nerveux central. Il est donc porté au tableau de l’ONU. Voilà pourquoi, il convient d’utiliser le terme « psychotrope » ou « substance psychotropique » en désignant le cannabis qui, quoi que l’on en dise, est considéré comme une drogue, à l’heure actuelle, en France

Ce sont donc les cannabinoïdes (on en dénombre plus de 80) contenus dans la résine sécrétée par la plante qui vont agir sur le système nerveux. Ce sont eux encore qui vont créer cet effet planant (THC) ou relaxant (CBD entre autres) voire thérapeutique à l’égard de diverses pathologies (sclérose en plaque,…). D’où ce fameux intérêt pour cette plante depuis la nuit des temps ! Mais nous verrons tout cela un peu plus loin.

Il faut savoir que la résine est deux fois plus importante dans les pieds femelles que dans les pieds mâles à stade de développement comparables. Le plant femelle ne doit surtout pas être pollinisé (Le pollen mâle ne doit pas fertiliser le plant femelle) pour sécréter le maximum de résine.
Le cultivateur s’attachera à distinguer et éliminer les plants mâles pour obtenir alors une culture composée uniquement de pieds femelles non fécondés : des « sinsemillias » (c’est à dire des plants femelles sans graines).

Ainsi préparé, le cannabis contient son plus haut taux de substances psychoactives (de cannabinoïdes, plus précisément de THC), il est alors parfaitement apte à la consommation.

Fondamentalement, l’herbe va être produite directement à partir de la plante entière. Pour le haschich ou l’huile de cannabis, ses préparations seront principalement issus de la résine de la plante.

Les formes de consommation du cannabis

Fondamentalement, l’herbe va être produite directement à partir de la plante entière. Pour le haschich ou l’huile de cannabis, ses préparations seront prinicpalement issus de la résine de la plante.

Les formes de consommation à partir du pied :

La weed, la marijuana, l’herbe, la beuh, le chanvre, la zamal, le pot, la marie-jeanne, la beuher, ganja, etc… En d’autres langues : grass, hemp, marijuana, marihuana, mary-jane,.. Certaines variétés peuvent atteindre plus de 30 % de THC.

Après la récolte, un temps de séchage et une manucure des têtes, le cannabis peut être directement consommé en le pulvérisant dans une feuille à rouler pour le fumer.

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Les formes de consommation à partir de la résine :

H, hasch, haschich, shit, teuch, teuteu, afghan, pollen, etc… En anglais : Heesh.
Le haschich présente une teneur en THC moyenne de 10 à 30 %.

Obtenu par macération, l’huile de cannabis est un liquide visqueux de couleur verte à noirâtre qui peut atteindre des taux de concentration en THC jusqu’à 60 voire 70 % !

Pour en savoir plus sur les produits dérivés du cannabis, je vous invite à suivre notre guide sur les différentes formes de consommation du cannabis. Pour comprendre, ce qu’est la weed, le hash, l’huile, et plein d’autres produits transformés.

Les modes de consommation du cannabis

Après avoir respecté un temps de séchage, le sommet de la tige en bas et les racines en l’air suspendu sur un étendoir, le pied de cannabis voit sa résine riche en THC se concentrer dans ses extrémités : c’est à dire dans ses fleurs ou têtes ou encore « buds » en anglais. Les têtes sont alors chargées pour une dégustation optimale qui peut se faire selon plusieurs modes opératoires :

Par inhalation :

C’est le mode de consommation le plus répandu de nos jours. Facile à mettre en oeuvre, un peu d’herbe mélangée ou non à du tabac dans quelques feuilles de tabac à rouler et c’est parti pour un joint, un pétard, un tarpé, un cône, un bédot, un buzz, un blunt, un stick (uniquement du cannabis), etc…

Certains utiliseraient plutôt le bang ou bong, une pipe à eau à l’effet puissant et immédiat refroidissant la fumée mais pas le cerveau qui entre en ébullition. Même principe mais avec un peu plus en douceur pour le narguilé ou la shisha qui peut-être consommé par un mélange tabac/weed ou simplement weed.

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Le cannabis est le plus souvent fumé en tirant une taf, taffe, ou puff (canada).

Pour ceux recourants à du cannabis à des fins thérapeutiques (mais également récréatif), un vaporisateur spécial permet la chauffe de l’herbe libérant alors la diffusion par la vaporisation des principaux agents psychoactifs : les cannabinoïdes (THC, CBD,…). Ces cannabinoïdes ont la propriété de soulager et calmer les patients face à certains symptômes de la maladie (tremblements…).

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Vous prendrez bien un p’tit brownie au cannabis sativa ?

Par ingestion :

Traditionnellement, le haschisch fût pendant des siècles consommé par ingestion. Le dawamesk, une pâte de chanvre aromatisée était très prisée au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, les préparations ont changé et le cannabis est mélangé à des gâteaux type brownie pour obtenir ce que l’on appelle un space cake, à des bonbons, ou à des boissons comme le thé. Aux USA, ces types de préparations alimentaires au cannabis se nomment « edibles« .

Des recettes sont en ligne et accessibles en quelques clics.

Pour rentrer plus en détails sur le sujet, retrouvez mon guide sur les modes de consommation du cannabis. Vous saurez tout sur les joints, bangs, dab ou recette de cuisine à la marijuana, en quelques minutes.

Effets du cannabis sur la santé

Les effets du cannabis peuvent varier en fonction de la sensibilité personnelle d’un individu à un autre. Un facteur important, concerne la concentration en THC. Enfin, le contexte, l’ambiance, l’état d’esprit peuvent également influer sur la perception des sensations (psychisme).

Suivant un processus balisé, les effets des molécules psychoactives se diffusent dans le corps humain, étape par étape. D’abord une montée, suivi d’une phase de stabilisation dite « plateau », puis une descente et éventuellement une phase de manque.

Dès l’allumage du joint, il se produit, comme avec le tabac, un « effet réveil ». Une phase de relâchement intervient ensuite (le système nerveux central est touché), puis suit un temps d’euphorie béate, d’ivresse, d’un effet high, d’un effet planant, éventuellement d’hallucinations, c’est la montée.

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La phase plateau donne à l’utilisateur l’impression d’être en dehors du réel, d’avoir des idées plus flottantes et un imaginaire plus riche. La descente, dernière étape, correspond à une forme de relâchement, d’endormissement. Une forte envie de consommer peut intervenir plus tard et attester le manque.

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Le produit est actif durant quatre à cinq heures, mais on peut trouver des traces de sa présence dans les urines jusqu’à plus de trois semaines après sa consommation. Ce dépistage peut se réaliser facilement grâce à un testeur disponible en pharmacie.

À moyens et à long terme, les effets peuvent être beaucoup plus sournois. Un usage régulier (quatre à cinq fois par semaine) peut avoir des effets nuisibles sur le consommateur : trouble de concentration, troubles de la mémoire immédiate, léthargie, démotivation rendant difficile le maintien d’un investissement scolaire et d’une vie sociale dynamique. « La tranquillité de l’âme provient de la modération dans le plaisir. » Démocrite.

Un effet méconnu du cannabis est que le THC peut se stocker dans les graisses et être relâché brutalement suite à un stress. Des crises d’angoisses peuvent alors se déclencher. Pour en savoir plus sur les effets du cannabis sur le corps humain, je vous invite à lire ce guide sur les effets du cannabis sur la santé. Vous verrez qu’il est important de comprendre ce que l’on consomme.

Histoire du cannabis

Il est difficile de situer avec exactitude l’époque où les propriétés du cannabis furent découvertes. Ce qui est sûr, c’est qu’au début de son utilisation, le cannabis, plus précisément le cannabis textile ou chanvre textile, était exploité pour ses fibres et ses graines (pour la pêche et l’alimentation, on appelle ces graines de chanvre textile : chènevis). Ce n’est que dans un second temps que l’on découvrit ses propriétés thérapeutiques.

Les premières traces de son usage remontent à plus de huit mille ans avant J.-C. et ont été localisées en Chine !

En effet, des pots en céramique ont été retrouvés ornés de fibres spiralées de chanvre au cours de fouilles archéologiques à Xianrendong, dans le Jiangx, et remontants au néolithique.

La plante étant originaire d’Asie centrale et plus précisément des versants himalayens de l’Inde, elle s’est ensuite répandue vers différentes contrées :

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– en direction de l’est, vers la Chine et l’ensemble du sous-continent indien notamment ;

– en direction de l’ouest, à la faveur de l’avancement des guerriers Scythes (peuple des steppes indo-européen), vers les pays du Moyen-Orient, secondairement vers la vallée du Nil, puis vers les pays du Magreb lors des conquêtes arabes.

Dans un second temps, les Arabes envahissants l’Europe comme les croisés revenant de l’Orient, firent découvrir les préparations à base de résine à l’Occident.

Par la suite, avec les invasions des conquistadors espagnols, le cannabis fût connu en Amérique du Nord (Mexique puis Pérou). Au début du XIXème siècle, ce fût le tour des Caraïbes puis des Etats-Unis au début du XX ème siècle. Pour l’anecdote, Georges Washington, un des pères fondateurs des Etats-Unis et premier Président, fût un cultivateur de chanvre textile mais aussi de chanvre indien ! En 1794, il rapportait dans son journal son erreur « j’ai commencé à séparer les plants mâles des plants femelles, malheureusement trop tard ».

Cruelle ironie de l’Histoire, les USA ont interdit la plante avec le Marijuana Tax Act en 1937. Bien que jusqu’à là, le cannabis était considéré comme une substance thérapeutique utilisée depuis des civilisations anciennes.

Pourquoi ce revirement de situation ? Une Histoire peu glorieuse mes amis…
« Aux États-Unis, Il y a 100 000 fumeurs de cannabis et la plupart sont des noirs, des Hispaniques, des Philippins et des artistes. Leur musique satanique, le jazz et le swing, est le résultat de la consommation de cannabis. Le cannabis conduit les femmes blanches à avoir des relations sexuelles avec des noirs, des artistes et avec n’importe qui ». Harry Anslinger.

Harry Anslinger : homme politique américain en faveur de la prohibition de la marijuana, premier commissaire du bureau fédéral du département du trésor aux narcotiques (FBN).
En cheville avec les industriels de l’époque, notamment DuPont de Nemours, dont l’entreprise était menacée par la fibre de chanvre mais également avec William « Citizen Kane » Randolph Hearst et la Hearst Paper Manufacturing Division qui possédaient des forêts et produisaient 80 % des produits de papeterie aux USA (journaux d’informations), il mena une campagne de désinformation de masse pour diaboliser et interdire le chanvre (The weed of madness) dans le pays qui aurait ruiné les intérêts de ses amis (et les siens, certainement).

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Marketant leur concept, jusqu’à renommer le cannabis : Marijuana (nom alors donné par les Mexicains), et manipuler l’opinion publique, ils parvinrent à leurs objectifs avec la Marijuana Tax Act en 1937. Beaucoup furent pris au dépourvu, réalisant que la Marijuana dont parlait Anslinger était le cannabis tant indien que textile.
Le reste du Monde occidental (dont la France) adopta lui aussi cette position avec la ratification de la Convention de Genève de 1961.

Pour en savoir plus sur les origines de la découverte du cannabis, sa prohibition, sa légalisation, je vous invite à lire notre récit sur l’histoire du cannabis dans le Monde et en France. Vous saurez tout sur le cannabis dans le cours de l’Histoire ancienne et récente.

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