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Le cannabis dans l’Antiquité

L’Antiquité s’étend sur la période entre -3.500 av. J.-C. à 600 ap. J.-C.. À cette époque, le cannabis est déjà connu en Asie de l’Est principalement en Chine. En effet, des amphores aux flans marqués par des cordelettes de chanvre datant de -8.000 av. J.-C. (en plein néolithique !) ont été retrouvées.

Le cannabis était prisé pour ses fibres (cordes, tissu, vêtements, etc…) et pour ses graines considérées comme des céréales alimentaires.
Le cannabis était à la base des échanges marchands, les tribus nomades qui commercaient l’ont répandu rapidement vers l’Orient, notamment vers l’Inde où ses propriétés psychotropes étaient recherchées.

Vers -1.500 av. J.-C., en Inde, un ensemble d’écritures religieuses : l’Atharva Veda, texte sacrée de l’hindouisme fait référence à l’utilisation du chanvre. L’Atharva-veda est le premier texte hindou à entretenir un rapport avec la médecine. Il identifie les causes de la maladie pour les contrecarrer et compile le traitement par différentes drogues.
Un breuvage à base de cannabis, le bhang, était considéré par les peuples de l’Inde comme une préparation sacrée pour permettre « l’union avec la divinité » et susceptible de libérer de l’anxiété.
Porteur de la foudre et adoré par les castes guerrières, c’était la boisson préférée d’Indra, le plus puissant des dieux védiques.

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Le processus de fabrication du « bhang ». Cette boisson traditionnelle est obtenue à partir des feuilles et des têtes du plant de cannabis. En utilisant un mortier et un pilon, les bourgeons et les feuilles du cannabis sont broyés en pâte. On ajoute à ce mélange du lait, du ghee (du beurre indien), des mangues et des épices indiennes. Le breuvage est consommé pendant les festivité hindoues comme le Holi. – Inde

Pour info, le soma, autre boisson rituelle chanté dans le Rig Veda (un ensemble d’hymnes chantés de l’Inde Antique faisant partie des quatre grands textes canoniques de l’hindouisme) ne contiendrait, en revanche, pas de cannabis. Sa composition serait plutôt élaboré sur la base de végétaux hallucinogènes. L’histoire du cannabis dans l’Antiquité n’est pas localisée qu’en Inde. La plante se répand au delà de l’Inde pour ses vertus thérapeutiques et psychoactives.

Sommaire

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Le chanvre se propage de l’Orient vers l’Occident pendant toute la période Antique

Le chanvre se propage de l’Orient vers l’Occident pendant toute la période Antique

Ce sont les tribus nomades qui, en commerçant, propagent le chanvre de la Chine vers l’Inde. Les Chinois connaissaient le chanvre bien avant les Indiens. Il faisait parti de leur pharmacopée mais n’était que peu utilisé comme stupéfiant. En effet, les chinois disposaient de psychotropes plus puissants (opium) et ne se sont jamais vraiment intéressé au cannabis pour un tel usage.

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Cliquez sur cette illustration pour agrandir ce tableau sur la « route de la soie ».
Vous verrez que l’on y distingue pêle-mêle soldats chinois, moine bouddhiste, arabes, personnes typées européennes, un vrai melting-pot, un marché international avant l’heure.

Les Chinois avaient l’habitude de travailler avec le cannabis dans un usage thérapeutique. Les disciples du chirurgien Hua Tuo (140 – 208) utilisaient la chanvre indien. En effet, pour optimiser ses propriétés anesthésiques, il le mélangeait aux vin : c’était le Mafo Sam. Le breuvage était alors utilisé pour traiter les maladies mentales à la faveur de propriétés psychoactives reconnue alors et comme sédatif pour les douleurs rhumatismales.

Le cannabis dans l’Orient de l’Antiquité

Le chanvre indien voyage jusqu’au Moyen-Orient. En -1150 av. J.-C., le papyrus Ebers de l’Égypte pharaonique, le mentionne avec l’opium (sédatif), la jusquiame (apaiser la rage de dents), et la mandragore (douleurs musculaires, accouchements). Le papyrus Ebers est l’un des traités médicaux les plus anciens qui nous soit parvenu.

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Edgar Leopold Layard, naturaliste britanique, déclara en 1856 : « J’y ai reconnu l’arbre sacré, l’arbre de vie universellement adoré et conservé dans les systèmes religieux des Perses jusqu’à l’ultime renversement de leur Empire à une des époques les plus éloignée de l’Orient… Les fleurs furent formées par sept pétales ».
Les «sept pétales», désignés par Layard, peuvent être considérés comme des représentations stylisées des sept lances distinctes de feuilles de cannabis.

Ce sont les tribus nomades qui vont diffuser le chanvre au cours de leurs échanges commerciaux avec les peuples sédentaires.

Ainsi, les Assyriens, basé en Mésopotamie du Nord (Iraq du Nord actuel), avaient pour coutume d’utiliser le cannabis comme encens. Ils le nommaient qunubu ou quannabu, terme dérivé de kanaba en persan qui serait lui-même d’origine scythe.

Beaucoup de chercheurs pensent que le qunubu serait l’ancêtre du cannabis. Dans une lettre écrite en -680 av. J.-C. à la mère du roi Assarhaddon (Roi des Assyriens), il est fait référence au qunubu qui donne des indications claires sur l’encens brûlant dans la tente du roi.
Le qunubu était utilisé pour les rites sacrés.

Un pharmacologue berlinois, Louis Lewin (1850-1929) rapproche le terme de kanaba de nom grec signifiant « bruit éclatant« . Pourquoi ce terme ? parce qu’il pourrait être assimilé aux effets ressentis par le consommateur lors d’une montée.

La tribu des Scythes, alors qu’ils étaient établis entre le Danube et le Don (en Russie), firent découvrir le cannabis au fur et à mesure de leur conquête vers l’Est entre le VIe et le IV siècle av. J.-C.,

Dans la Bible il n’y a pas de référence explicite au cannabis cependant certains estiment qu’il serait évoqué de façon indirecte. C’est notamment la position adoptée par la secte rastafari en Jamaïque.

Le cannabis en Occident pendant l’Antiquité

Avec Dioscoride (40-90), célèbre médecin grec héritier de la tradition égyptienne, rapporte les propriétés psychotropiques de la plante qui « fait venir au-devant des yeux des fantômes et illusions plaisantes et agréables ».

Dans l’Odyssée d’Homère, Il est fait référence au Népenthès qui serait une plante aux propriétés sédatives comparable au cannabis !

Durant l’empire romain, le peuple considérait que le cannabis avait des vertus magiques et qu’il était nécessaires à la composition de nombreux médicaments.

Cependant, plutôt que d’utiliser le cannabis principalement à des fins médicinales ou récréatives, les Romains se servaient surtout de la fibre de la plante pour la confection de cordes et de voiles pour leurs navires. Le chanvre était alors importé de Gaule du IVe siècle avant J.-C. au II e siècle de notre ère.

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Le chanvre était importé par les Romains depuis la Gaule. Depuis Massilia (Marseille) et la canebière ?

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